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Une
ville dans un contexte géographique agréable |
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Une région vallonnée
et dominée par l'eau |
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Bourbonne les Bains
occupe, au pied des derniers contreforts du plateau de Langres,
une région vallonnée qui s'étend jusqu'aux Vosges qu'on appelle
les Monts Faucilles en raison de la
forme arrondie des collines qui s'y trouvent.
Le plateau de Langres est un vaste château d'eau
donnant naissance à de nombreux fleuves et rivières comme
: la Meuse qui prend sa source à 8 Km de Bourbonne sur le territoire
de POUILLY, la Marne qui prend sa source à BALESMES près de
Langres, la Seine plus au sud en Côte d'Or apparaît à Saint-Germain
source Seine. La Saône qui sillonne les Monts Faucilles prend
naissance à VIOMENIL (Vosges) à 40 Km de Bourbonne. Bourbonne
elle-même est arrosée par la rivière de l'Apance qui de sa source
(commune de Larivière) jusqu'à Bourbonne se dirige vers le sud,
puis oblique vers l'est pour se jeter dans la Saône à Châtillon
sur Saône. Le Mont Mercure près d'Andilly offre l'étonnante
particularité de donner naissance à des ruisseaux dont les uns
se jettent dans la Marne (Bassin de la Manche), d'autres dans
la Meuse (Bassin de la Mer du Nord), tandis que certains alimentent
des affluents de la Saône (Bassin de la Méditerranée). |
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La petite Provence de l'Est |
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Bourbonne les Bains est située
dans une dépression dominée au nord et à l'ouest par les derniers
rebords du plateau de Langres : une région géographique et
historique appelée : Le Bassigny. Vert pays aux riches pâturages,
relativement peu accidenté, habituellement délimité entre les
4 villes suivantes : LANGRES-CHAUMONT-NEUFCHATEAU et LAMARCHE.
La situation de Bourbonne, à l'abri des vents du nord et de
l'ouest par le plateau dominant du Bassigny, lui confère un
micro-climat favorable, très tempéré, bien ensoleillé
à ce point qu'on l'appelait autrefois : la petite Provence
de l'est. La ville elle-même occupe le sommet d'une colline,
sorte de vaisseau cerné par trois vallées d'inégale importance
: le petit sillon du ru d'herbe à l'occident, l'étroit vallon
du ruisseau de Borne au sud, occupé par le quartier thermal,
et la vallée plus large de l'Apance au nord. Ajoutons à cela
que Bourbonne est entourée de vastes forêts communales propices
à la détente et à la promenade. Ces bois apportent ainsi
à toute la contrée un air sain et vivifiant. |
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Le thermalisme |
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L'industrie dominante est le
thermalisme, connu depuis la plus haute antiquité, c'est
à dire, depuis que les premiers hommes sont parvenus ici et
ont vu d'étonnantes vapeurs se dégager au creux du Val de
Borne. Primitivement, les eaux des sources chaudes, émergeant
des profondeurs de la terre, se mêlaient aux sources froides
trouvant leur issue au pied du coteau des bains. Depuis cette
découverte et dès que furent observés les bienfaits que
cette eau apportait aux animaux, naturellement attirés par leur
instinct en ces lieux, puis aux hommes qui les imitèrent, la
station thermale était née et son exploitation durera, avec
des hauts et des bas, mais pratiquement sans interruption jusqu'à
nos jours. |
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Une région frontière |
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Une telle constatation nous amène
à évoquer ce que fut l'histoire de ce pays au cours du temps.
Géographiquement placée à la limite du plateau de Langres et
des Monts Faucilles, Bourbonne s'est trouvée historiquement
dans une région frontière à la limite des trois anciennes
provinces : la Champagne dont elle faisait partie, à proximité
immédiate de la Lorraine et de la Franche-Comté. A la révolution,
lorsque les anciennes provinces disparurent, elle se retrouva
aux confins de trois départements : la Haute-Marne, la
Haute-Saône et les Vosges. |
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Un passé chargé d'histoire |
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Des offrandes depuis 300.000 ans avant J.C. |
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La trace des premiers hommes à Bourbonne peut
être située entre 300.000 et 400.000 ans avant J.C, grâce
aux traces d'une industrie de type acheuléen (époque paléolithique).
Les traces de l'époque néolithique sont encore plus nombreuses.
Il faut observer aussi que le puisard romain contenait des silex
taillés et polis déjà considérés à l'époque Gallo-Romaine comme
des objets anciens et précieux dignes d'être remis en offrande
aux divinités des eaux. Déjà, des peuplades primitives sacrifiaient
des aurochs dont ils jetaient les cornes énormes dans les sources
thermales. Pétrifiées par les eaux qui les ont conservées, elles
ont été découvertes au XIXèmè siècle en quantité importante
aux abords des installations thermales Gallo-Romaines : les
constructeurs romains les avaient laissées en place reconnaissant
ainsi leur caractère d'offrandes sacrées. |
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Le couple divin : Borvo et Damona |
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A l'époque de la Gaule indépendante, les divinités
des eaux apparaissaient sous la forme d'un couple divin
: trait tout à fait particulier de la religion gauloise. Le
dieu a pour nom BORVO, sa compagne s'appelle : DAMONA.
L'arrivée des romains et leur goût pour les grandioses installations
balnéaires ne modifia en rien la vénération des curistes pour
ce couple divin intégralement adopté par les nouveaux venus.
Nous en avons pour preuve la découverte à Bourbonne de 11 inscriptions
votives d'époque Gallo-Romaine parmi lesquelles : 8 sont dédiées
aux deux divinités : BORVO et DAMONA, 2 à BORVO uniquement désigné
et 1 à la seule DAMONA. L'emprise des divinités associées :
BORVO et DAMONA, sur nos eaux thermales, est ici remarquable
et constante. |
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Les constructions balnéaires romaines |
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Les constructions balnéaires romaines étaient
importantes et luxueuses : les quelques vestiges de colonnes,
chapiteaux, stèles funéraires groupés dans le parc de l'établissement
en témoignent. Au centre des installations se remarquait : le
puisard romain, captage principal destiné à alimenter les
diverses installations balnéaires : piscines collectives ou
individuelles. Il apparaissait sur une vaste place dallée, entourée
d'un portique, fermée en demi-cercle dans sa partie est. Au
fond de cette grande cour à l'ouest, s'élevait un imposant monument
composé d'une grande salle séparée en trois espaces par deux
rangées de colonnes : c'était le temple dédié à BORVO et
DAMONA au fond duquel se détachaient quatre piliers entourant
la cella, lieu sacré (on peut voir deux de ces piliers au parc
de l'Hôtel de Ville à l'entrée à gauche en pénétrant par la
porterie, mis en place avec le même écartement qu'ils avaient
dans le bâtiment Gallo-Romain). Ce temple donnait accès à des
piscines situées au nord et au sud du temple.
En 1977-1978 lors des travaux de construction de l'actuel établissement,
au sud de la place du puisard romain, on a découvert une grande
piscine carrée de 11 mètres de côté entourée d'un portique.
A l'est de cette piscine plusieurs salles ont été dégagées dont
une à colonnes rondes couronnées de chapiteaux corinthiens (visibles
au musée) qui devait être l'entrée principale des thermes. L'ensemble
des constructions Gallo-Romaines couvrait à peu près la surface
occupée aujourd'hui par les thermes, la place des Bains et la
place Jerphanion (où se trouve la fontaine chaude) soit environ
100m X 75 m. Ce simple descriptif de la station thermale
antique montre le soin et l'ampleur qu'on avait donné aux thermes. |
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Des pièces de monnaie en offrande à
Lindesina |
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Vers la fin de l'année 1874 et le début
de 1875, on a découvert dans les boues du puisard romain
une grande quantité de pièces de monnaies en
or, argent et bronze (environ 4500 pièces), mais
les boues extraites ayant été déposées
en tas sur la place des bains, il en a été prélevé
un nombre équivalent par les passants.
Ce dépot de pièces est dù en grande partie
aux offrandes faites par les légionnaires romains
ayant participé à la construction des thermes
dans la dernière décénnie av-JC. La proportion
des pièces frappées à l'époque de
l'empereur Auguste est prépondérante (89%).
C'est pendant les guerres de Germanie qu'Auguste ayant eu connaissance
des bienfaits des eaux thermales de Bourbonne pour les soins
des blessures et fractures fit construire l'établissement
thermal de LINDESINA entre 12 et 9 av-JC. Ces indications
nouvelles résultent d'une étude du trésor
monétaire du puisard romain faite par Mr Eberhard SAUER
qu'il a retenu pour le sujet de sa thèse à l'université
d'OXFORD (Angleterre) en 1999.
Lindesina était très fréquentée dans les premiers siècles de
notre ère. L'importante usure du pavé de grés à l'entrée des
bains, relevée en 1977, témoigne des milliers de passages des
curistes à cette époque lointaine. Mais les beaux jours de la
longue paix romaine devaient s'achever. Cédant à la pression
des barbares, l'empire romain peu à peu s'effondra. |
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La domination des seigneurs sur les thermes |
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Lors des invasions des IIIème et Vème siècles
les installations balnéaires furent incendiées et détruites
en majeure partie. Pendant les 4 à 5 siècles qui suivirent
la pénétration des Francs, la station a végété modestement.
On sait peu de choses sur Bourbonne jusqu'à l'an mil. La féodalité
depuis le IXème siècle jusqu'à la révolution, s'est manifestée
ici par la domination des seigneurs sur le domaine thermal
qu'ils exploitèrent maladroitement jusqu'en 1812 avec des
installations assez rudimentaires.
Trois sources principales étaient utilisées : le puisard
romain alimentait les bains du seigneur. La fontaine
chaude appelée Matrelle ou Masaille, place des bains, servait
au service du bain des pauvres, à l'exercice du droit des habitants
qui était gratuit et pour la fourniture d'eau chaude en ville.
La source du bain Patrice (cour de l'hôpital militaire)
servait aux soldats. Les gens de qualité pour des raisons de
commodité et de confort se baignaient chez leur logeur, dans
des baignoires en bois remplies d'eau thermale puisée à la fontaine
chaude et transportée dans des tonneaux. Les autres prenaient
leur bain en commun dans de grands bassins à ciel ouvert ou
simplement recouverts d'une toiture soutenue par des piliers
de bois. En 1590, le médecin des eaux : Jean le Bon constate
avec ironie que les curistes se baignent sans distinction de
sexe ; " Nuds comme beaux adamistes ". L'emprise du seigneur
de Bourbonne sur les sources et les thermes n'était pourtant
pas exclusive. |
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Le projet de l'hôpital militaire |
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En 1324, Renard de Choiseul, quelque peu démuni
par les croisades auxquelles il avait participé, vend au Roi
Charles IV le Bel, par moitié, une partie de sa seigneurie dans
laquelle est comprise : " La moitié de la revenue des bains
et yaue salée de Bourbonne ". Ce partage des revenus entre le
seigneur et le Roi dura jusqu'en 1674 date à laquelle Louis
XIV cède ses droits au seigneur de l'époque : COLBERT du
Terron devenu ainsi possesseur à part entière de la terre de
Bourbonne. Les guerres de Louis XIV furent nombreuses et
meurtrières, de plus en plus, les militaires venaient ici
soigner leurs blessures (les maréchaux de Villars et d'
Harcourt y firent leur cure). Sur réquisition, les soldats logeaient
chez les habitants qui avaient beaucoup à se plaindre de ces
occupants turbulents, querelleurs ou ivrognes et qui ne leur
rapportaient rien. La nécessité se faisait sentir de les rassembler
dans un hôpital qui leur serait destiné.
Tel fut l'objet des lettres patentes du Roi Louis XIV, en 1702,
autorisant la fondation à Bourbonne d'un hôpital " destiné principalement
à soulager les soldats, dragons et cavaliers de ses troupes
dans les temps auxquels les eaux et les bains du dit Bourbonne
sont les plus salutaires ". Faute de crédit ce projet n'eut
aucune suite dans l'immédiat. |
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La construction d'un hôpital militaire
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Le 1er mai 1717, un épouvantable
incendie attisé par un vent violent ravagea tout le pays
à l'exception d'une quarantaine de maisons adossées au coteau
des bains, en quelques heures. Fuyant les flammes sans rien
pouvoir emporter, les habitants se réfugièrent dans les villages
voisins. Il fallut alors reconstruire la ville, la pénurie
de logement était grande, les soldats trouvaient difficilement
un gîte.
En 1727, le curé CHARLES prit l'initiative
d'ouvrir une maison dans la rue des bains pour héberger les
militaires. L'élan était donné, par la suite l'hôpital
militaire royal de Bourbonne s'installa progressivement entre
le ruisseau de Borne et la rue Amiral Pierre de part et d'autre
de la rue Férat. En 1735, il pouvait accueillir les soldats
de Louis XV durement éprouvés par les guerres. Depuis lors
cet hôpital doté de ses propres installations thermales,
ne cessa de s'agrandir jusqu'à la fin du siècle dernier,
abondamment rempli de tous les blessés des guerres napoléoniennes
et coloniales. |
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Le renouveau des thermes |
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Au XVIIIème siècle, on constate un renouveau
des stations thermales : toute la belle sociéte même les
philosophes vont aux eaux. Pour mieux accueillir cette clientèle
de véritables thermes sont nécessaires.
En 1783, M. DE MESME D'AVAUX, Seigneur de Bourbonne, sur les
plans du célèbre architecte : PARIS, fait édifier un établissement
thermal avec des cabines de bains particulières. La révolution
française en mettant fin à la féodalité, remet en cause la possession
des seigneurs : certains estiment que les sources thermales
parce qu'elles concourent à la santé publique, devraient être
remises à la nation. Mais c'est seulement en 1812 que Napoléon
Ier invoquant l'utilité publique, achète pour le compte de l'état,
à Madame de CHARTRAIRE, dernier seigneur possesseur du domaine
thermal, sous la menace d'expropriation, les bains et sources
de Bourbonne. Les motifs de cette acquisition sont de deux
ordres : il connaissait l'efficacité des eaux de Bourbonne puisque
sa mère LETIZIA BUONAPARTE en avait éprouvé le plus grand bien
quand elle y était venue au moment où Napoléon était à l'école
de BRIENNE. En outre l'empereur a été le premier à soigner les
blessures de ses soldats sur le champ de bataille et après les
combats, en achetant Bourbonne il pensait à restaurer leur santé.
Dès l'avènement de Napoléon III, qui visitera Bourbonne en 1865,
l'établissement apparaît vétuste, les sources mal captées n'ont
plus un débit suffisant.
De 1863 à 1874, les ingénieurs des mines DROUOT et RIGAUD, procèdent
à de nombreux forages et captages pour obtenir le débit maximum.
Puis l'établissement ancien est démoli et remplacé par une
imposante construction executée de 1880 à 1883. |
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1ère station thermale du Nord de la
Loire |
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Près d'un siècle plus tard, un établissement
entièrement neuf, de conception moderne, construit en 1977-1978,
et achevé en 1979, est mis à la disposition des curistes.
Depuis, Bourbonne atteint des records de fréquentation (16.000
curistes en 1986) elle est devenue la plus importante des
stations thermales de France situées au nord de la Loire.
Ce bref rappel historique montre tout l'intérêt que les hommes
et les autorités ont porté à nos eaux salutaires depuis que
nos ancêtres les plus primitifs les ont découvertes. |
Henri TROISGROS, Président
des Amis du vieux Bourbonne.
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